Peut-on se passer du chauffage central et donc d’une température homogène partout dans le logement ? Comment permettre à des habitants volontaires d’apprendre à se fabriquer un confort voluptueux, basé sur de nouveaux comportements actifs et réflexifs pendant la saison de chauffe ? C’est le défi de ce nouveau chantier de recherche sur le chauffage et le confort sobre de Leroy Merlin Source, en partenariat avec Octopus Energy.
Cette expérimentation menée avec 14 ménages a mobilisé une équipe de recherche inédite au cours de l’hiver 2024-2025 : Pascal et Amélie Lenormand, designers énergétiques, leur ont proposé un programme d’entraînement, sous le regard et l’analyse des sociologues Gaëtan Brisepierre (correspondant Leroy Merlin Source) et Mathilde Joly-Pouget. Les sociologues ont procédé au recrutement des ménages, puis ont observé le programme d’entraînement tout l’hiver et enfin ont mené des entretiens conclusifs avec les habitants volontaires. Le rapport de recherche comprend d’une part leur analyse et d’autre part le parcours vécu par les 14 familles.
Le programme a consisté pour elles à mener des missions lors de quatre périodes d’entraînement, encadrées par cinq « RDV visios » menés par Pascal Lenormand pour « coacher » les familles. De novembre à mars, les missions s’enchaînent et se cumulent :
Le programme est aussi doté d’un groupe de discussion numérique, qui a été très fortement investi par les familles (plus de 540 messages), formant une communauté qui s’encourage et partage des conseils et pratiques.
Cette recherche ne prévoyait pas de résultats chiffrés, mais les 14 familles déclarent toutes avoir nettement baissé le chauffage, sous la consigne des 19°C tout en conservant leur confort. Parfois même sous les 16°C. Cela passe par une gamme de pratiques, d’abord testées puis installées :
L’ensemble exige une posture à la fois réflexive (quels besoins réels?) et actives (quels réglages à tout moment?) de la part des habitants volontaires.
Ces habitants ont deux types de motivations pour s’engager dans la démarche de recherche d’un confort sobre basé sur une baisse du chauffage :
Tous apprécient de monter en compétences et de mieux s’approprier leurs consommations et leurs factures. La recherche distingue quatre profil-types :
Au sortir de l’hiver, les habitants veulent prolonger l’expérience en changeant leurs pratiques en été, pour là-aussi réduire leurs consommations.
Au sein du foyer, les personnes volontaires déploient trois types de stratégies pour embarquer les autres :
Au départ de la recherche, il n’était pas prévu d’employer le terme « sobriété » qui est repoussoir pour beaucoup, parfois synonyme de perte ou de régression. Au final, l’expression « confort sobre » a été adoptée par les familles volontaires, qui en donnent leurs propres définitions. Par exemple :
“Le confort sobre, c’est un confort qui suffit”,
“C’est avoir des trucs et astuces pour utiliser moins d’énergie tout en étant bien à la maison”,
“Pour moi le confort sobre c’est de ne pas avoir froid en consommant peu”,
“Trouver le moyen d’être le plus économe possible dans son confort, sans tout abandonner”.
Le confort sobre s’avère être le chaînon manquant entre les écogestes un peu anecdotiques et les travaux de rénovation lourds et coûteux. Il permet de fortes économies d’énergie sans intervenir sur le bâti. Il constitue un « nouveau confort moderne ». La méthode d’entraînement pourrait être développée auprès de populations beaucoup plus larges.
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