Transition énergétique: l’ile d’Yeu, ou en est on?

Le maire de l’ile d’Yeu a bien voulu témoigner de l’avancée de son projet “ile d’Yeu, 2030”, auprès de notre équipe:

À l’île d’Yeu comme ailleurs, le poids de la voiture individuelle reste important et tributaire du pétrole. Certes, les véhicules électriques apportent une réponse, mais cela change-t-il nos comportements par rapport à nos déplacements individuels ? Des réponses sont à explorer à travers par exemple : le covoiturage qui par ailleurs, se développe beaucoup pour les insulaires se rendant à telle ou telle ville sur le continent, la voiture partagée entre résidents, etc. L’habitat : le travail fourni par le groupe bâtiment parmi les cinq groupes de travail engagés dans l’opération « une île en transition » a été productif. Entre autres, la proposition d’une « plateforme territoriale pour la rénovation énergétique » dont l’objectif est d’assurer l’accompagnement des particuliers qui souhaitent diminuer la consommation énergétique de leur logement est actuellement à l’étude.

Où en sommes-nous aujourd’hui ? La prise en compte et la mise en œuvre de la transition énergétique font partie des conditions de développement de notre territoire. C’est depuis plusieurs années un axe stratégique de l’action municipale. Nous avons beaucoup de chantiers en cours : nous continuons de travailler sur une nouvelle mobilité à l’échelle de l’île (électromobilité, mobilité douce : nouvelles boucles cyclables, marche à pied avec le GR et les cinq sentes,…) ; nous poursuivons les projets de rénovation des bâtiments communaux (projet en cours de rénovation exemplaire de l’hôtel de ville) et nous souhaitons développer les énergies renouvelables (projet de panneaux solaires sur le futur centre technique municipal et sur la mairie,…). Nous mettons aussi en œuvre les projets en lien avec notre convention avec le Ministère de l’environnement « Territoires à énergie positive pour la croissance verte » : nous allons notamment expérimenter la production et l’utilisation d’hydrogène dans un 1er temps avec des véhicules municipaux. Demain, on pourrait imaginer étendre son utilisation aux bus, chariots-élévateurs, camions-bennes voire aux bateaux…

 

Cependant, la transition énergétique c’est l’affaire de tous, ce n’est pas uniquement un projet municipal. C’est à chacun de s’emparer de cette question, de voir comment à son niveau, chacun peut agir au quotidien. Cela peut commencer par des gestes simples et finalement du bon sens commun. Il semblait donc essentiel d’impliquer les citoyens autour de ce projet : c’est ce que l’on a voulu faire à travers le projet « Ile en transition ». C’est le volet de démocratie participative de la mission « Transition énergétique, Yeu 2030 ». Depuis que cette démarche a été lancée, ce sont 5 groupes de travail qui se sont constitués autour des thématiques suivantes : mobilité, énergies renouvelables, modes de consommation, bâtiment et le groupe éducation/sensibilisation/formation. Depuis, les groupes se sont réunis de nombreuses fois, il y a eu 5 réunions plénières (avec tous les groupes) pour échanger entre eux, avec la municipalité mais aussi pour bénéficier des apports des partenaires techniques (SyDEV, ADEME, Région, Ecole des mines de Nantes, ERDF, Association Elise). Quelle est l’implication citoyenne à travers les groupes de travail ? Nous avons invité l’ensemble des forces vives du territoire de tous les milieux à l’occasion de ces réunions de concertation « Ile en transition » : le monde associatif, les professionnels du bâtiment, de l’éducation, du milieu de la pêche, les artisans et commerçants, les conseillers de quartier, les élus et anciens élus,… C’est depuis le début environ 80 personnes différentes qui sont venues au moins une fois à l’une des réunions. Nous avons un noyau dur de 30-40 personnes à chaque rencontre et c’est ensemble que nous élaborons des pistes de réflexions, des idées, des projets,… Evidemment, on ne part pas de rien : de nombreuses initiatives sont déjà présentes sur l’île et depuis plusieurs années : l’AMAP poissons, le projet Terres-fert’île, le verger patrimonial, les artisans qui ont fait le choix du label RGE en sont quelques exemples… Tout l’enjeu est de fédérer ces initiatives collectives, d’élargir ces groupes de réflexion et que toute l’île se mette au diapason de la transition énergétique car c’est de l’ordre de l’intérêt collectif : nous y serons tous gagnants au final ! Bien sûr, il est important de rappeler que ces groupes sont ouverts à tous. La municipalité pilote la démarche « Ile en transition », les citoyens des groupes de travail proposent des pistes de travail, et peuvent porter eux-mêmes certains projets. Les groupes fonctionnent en autonomie : libre à eux de se réunir, d’avancer en fonction des disponibilités de chacun… Certains élus font partie des groupes, et se mettent à l’écoute des participants. La Commune peut accompagner les propositions de projets de différentes manières : certains sont portés par les citoyens eux-mêmes, d’autres sont portés par la collectivité en lien avec un collectif ou une association, ou encore il peut y avoir une co-élaboration de projet avec un groupe et la municipalité. En effet, pour certaines propositions, l’appui de la municipalité est indispensable et le groupe de travail apporte énormément à la construction et définition même du projet et à son animation. C’est le cas pour la réflexion sur la plateforme territoriale de rénovation énergétique avec le groupe bâtiment. Dans tous les cas, la principale question est comment faire évoluer nos modes de vie ? C’est un processus qui demande du temps, car il nous faut agir sur un changement des habitudes. Cela passe aussi par l’implication des plus jeunes, car ce sont eux qui seront aux commandes dans 10, 20 ou 30 ans. Il est nécessaire de les sensibiliser et de les impliquer dès à présent. C’est d’ailleurs un travail mené de front avec Yeu Demain, les écoles et le périscolaire.